Vaquita observe une bouteille et des fragments de plastique flottant dans l’eau, dans une illustration de pollution marine.
Illustration éditoriale fictive de déchets plastiques dans l’eau ; elle ne représente pas une observation de terrain.Crédit : LesPreuves · Illustration générée avec une IA

Pollution plastique : l’histoire d’un matériau qui persiste dans l’environnement

5 min de lecture

Au milieu du XXe siècle, le plastique s’impose dans la cuisine, l’hygiène, la médecine et l’emballage : il est léger, peu coûteux et résistant. Mais lorsqu’un objet conçu pour durer est jeté après un usage bref, sa persistance devient un problème. Une bouteille abandonnée peut se fragmenter sous l’effet du soleil, des vagues et du frottement ; sa durée de dégradation varie selon le matériau et les conditions. Voici l’histoire de cette pollution, chiffres à l’appui, au cœur de la question des déchets et de la pollution plastique.déchets et de la pollution plastique.

À retenir

  • Selon l'OCDE, la production mondiale de plastique a doublé entre 2000 et 2019, pour atteindre 460 millions de tonnes, et les déchets plastiques ont atteint 353 millions de tonnes.
  • Seuls 9 % de ces déchets ont été effectivement recyclés ; 19 % ont été incinérés, près de 50 % mis en décharge et 22 % abandonnés, brûlés à l'air libre ou rejetés dans l'environnement.
  • Dans le scénario de référence de l’OCDE, sans nouvelles politiques, l’utilisation mondiale de plastique atteindrait 1 231 millions de tonnes en 2060, contre 460 millions en 2019.

Un matériau conçu pour durer

Le plastique est fabriqué en grande partie à partir de matières premières fossiles. Selon l’OCDE, la consommation de plastique a quadruplé en trente ans, et sa production mondiale a doublé entre 2000 et 2019, pour atteindre 460 millions de tonnes.

Le problème tient aussi à la durée de vie des objets. Près des deux tiers des déchets plastiques proviennent de produits dont la durée de vie est inférieure à cinq ans, selon l’OCDE : emballages (40 %), biens de consommation (12 %), vêtements et textiles (11 %). Autrement dit, un matériau durable est souvent utilisé pour des objets à durée d’usage brève.

Que deviennent 353 millions de tonnes de déchets ?

En 2019, le monde a produit 353 millions de tonnes de déchets plastiques. Leur destination, selon l'OCDE :

Que deviennent 353 millions de tonnes de déchets ?
DestinationPart des déchets plastiques en 2019
Recyclés9 %
Incinérés19 %
Enfouis en décharge contrôléeprès de 50 %
Décharges sauvages, brûlage à l'air libre, rejet dans l'environnement22 %

Ces 9 % de recyclage surprennent souvent. Selon l'OCDE, 15 % des déchets plastiques sont collectés pour être recyclés, mais 40 % de ces volumes deviennent des résidus de recyclage. Les raisons de ces pertes sont expliquées dans l'article sur le recyclage du plastique.

De la poubelle à l'océan

Selon l’OCDE, les rejets de plastiques dans l’environnement terrestre et aquatique sont estimés à 22 millions de tonnes en 2019 ; cette estimation comporte des incertitudes. Une partie rejoint les rivières puis les océans, notamment en raison d’une gestion inadéquate des déchets. Les questions de pollution en mer et de collecte sont développées dans notre article sur la dépollution des océans. Les microplastiques sont abordés dans l’article sur les particules de plastique dans l’eau ; d’autres articles traitent des mégots et des microplastiques dans les sols.

Les effets du plastique sur le vivant sont détaillés dans l'article sur l'impact de la pollution sur la biodiversité.

Le plastique, aussi une affaire de climat

La pollution climatique commence avant que le plastique devienne un déchet. Selon l'OCDE, les plastiques étaient responsables en 2019 de 3,4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, dont 90 % liées à leur production et à leur transformation à partir de ressources fossiles. Recycler ne suffit donc pas : réduire la production est indispensable pour le climat comme pour l'environnement.

Et en France ?

En France, la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) de 2020 fixe notamment l’objectif de mettre fin à la mise sur le marché des emballages en plastique à usage unique d’ici 2040. Pour les bouteilles, l’enjeu immédiat est la collecte, comme l’explique l’article sur la consigne des bouteilles en plastique.

Un problème qui s'aggrave

Sans nouvelles politiques, le scénario de référence de l’OCDE projette une hausse de l’utilisation mondiale de plastique, de 460 millions de tonnes en 2019 à 1 231 millions en 2060. Les déchets plastiques pourraient passer de 353 à 1 014 millions de tonnes sur la même période. Il s’agit de projections modélisées, non de résultats certains. Le traité international contre la pollution plastique demeure en négociation : l’ONU a prévu une quatrième partie de la cinquième session (INC-5.4) du 13 au 24 mars 2027. Les développements sont suivis dans l’article sur le traité mondial sur le plastique.

Le miracle devenu fardeau

Revenons au milieu du XXe siècle et à l’enthousiasme pour ce matériau nouveau. Le plastique a rendu d'immenses services, et en rend encore, en médecine par exemple. Mais sa durabilité, pensée comme une qualité, s'est retournée contre nous dès lors qu'on l'a utilisé pour des objets jetés après quelques minutes. La question n'est donc pas de savoir si le plastique est bon ou mauvais, mais pour quels usages il vaut la peine de fabriquer un matériau qui peut persister longtemps dans l’environnement.

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Sources et références

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