La vaquita verse des épluchures dans un bac brun près d’un compost et d’un jardin potager.
Illustration pédagogique fictive.Crédit : LesPreuves.

Biodéchets : ce que l’obligation de tri depuis 2024 change vraiment

5 min de lecture

Après le dîner, une famille débarrasse la table. Les épluchures de carottes, les restes de riz, le marc de café et les coquilles d'œufs finissent, comme depuis toujours, dans la poubelle grise. Direction l'incinérateur ou la décharge. Pourtant, ces restes ne sont pas des déchets comme les autres : ils sont vivants, ou presque. Enfouis, ils pourrissent et produisent du méthane. Triés, ils peuvent redevenir du compost ou du biogaz. Depuis le 1er janvier 2024, la loi généralise leur tri à la source : les collectivités doivent proposer une solution aux habitants, tandis que les professionnels doivent organiser leur propre tri. Voici ce que cela change, dans le cadre de la question des déchets et de la pollution plastique.

À retenir

  • Depuis le 1er janvier 2024, le tri à la source est généralisé : les collectivités doivent proposer une solution adaptée aux ménages, sans imposer à chaque foyer de posséder un composteur.
  • Selon l'ADEME, un tiers de nos poubelles est constitué de biodéchets, soit 83 kg par habitant et par an.
  • En 2024, 32,1 millions de Français avaient accès à une solution de tri des biodéchets, trois fois plus qu'en 2022, selon l'ADEME.

Qu'est-ce qu'un biodéchet ?

Le Code de l’environnement définit les biodéchets comme les déchets non dangereux biodégradables de jardin ou de parc, ainsi que les déchets alimentaires ou de cuisine provenant notamment des ménages, restaurants, commerces et usines agroalimentaires. La définition figure à l’article L. 541-1-1.

Un tiers de notre poubelle

Selon l’ADEME, les biodéchets représentent environ un tiers des ordures ménagères, soit 83 kg par habitant et par an. Ils sont encore souvent incinérés ou enfouis alors qu’ils peuvent être valorisés. L’ADEME détaille ces ordres de grandeur et les solutions de tri.

Pourquoi c'est un problème

Lorsqu’ils sont enfouis, les biodéchets se décomposent en l’absence d’oxygène et produisent notamment du méthane. Lorsqu’ils sont incinérés avec les ordures résiduelles, leur forte teneur en eau réduit l’intérêt énergétique du traitement. Le tri à la source permet au contraire de les orienter vers le compostage ou la méthanisation. Le ministère de la Transition écologique présente ces voies de valorisation et le rôle des collectivités.

Trier les biodéchets permet au contraire de les valoriser :

  • en compost, un amendement qui enrichit les sols en matière organique, à condition qu'il ne contienne pas de plastique : les composts mal triés sont l'une des portes d'entrée des microplastiques dans les sols ;
  • en biogaz, par méthanisation, une énergie renouvelable.

Selon le ministère de la Transition écologique, le tri à la source des biodéchets doit aussi rendre les déchets enfouis de moins en moins fermentescibles, et donc moins émetteurs de méthane.

Ce que dit la loi

L’article L. 541-21-1 du Code de l’environnement étend l’obligation à tous les producteurs ou détenteurs de biodéchets, y compris les collectivités dans le cadre du service public de gestion des déchets, au plus tard le 31 décembre 2023. Les professionnels doivent donc trier leurs biodéchets depuis le 1er janvier 2024, quelle que soit la quantité produite. Texte en vigueur sur Légifrance.

Pour les particuliers, l’application passe par le service public local : la collectivité compétente doit proposer une solution adaptée au territoire. Il ne s’agit pas d’une obligation nationale d’acheter un composteur. Compostage individuel ou partagé, collecte en porte-à-porte et bornes d’apport volontaire peuvent coexister ; les consignes de la commune déterminent la solution accessible à chaque foyer.

Où en est-on ?

Le déploiement reste progressif. Selon le bilan publié par l’ADEME en avril 2025, 32,1 millions de Français avaient accès à une solution de tri des biodéchets, soit trois fois plus qu’en 2022. L’agence indique aussi que 50 % des Français bénéficiaient d’une solution portée par leur collectivité, 30 % de composteurs individuels ou partagés et 20 % d’une collecte en porte-à-porte ou en borne. Bilan ADEME.

Au quotidien

Pour une famille, le geste est simple : un petit seau dans la cuisine pour les épluchures, les restes de repas, le marc de café. La collectivité indique ensuite où les déposer, ou fournit un composteur. Les autres consignes, bac par bac, sont rappelées dans l'article sur le tri des déchets. Le meilleur moyen de réduire ses biodéchets reste toutefois de limiter le gaspillage alimentaire : acheter les bonnes quantités, conserver correctement, cuisiner les restes.

De la poubelle au potager

Revenons au dîner de notre famille. Mélangées aux ordures résiduelles, ses épluchures auraient été incinérées ou enfouies. Triées selon les consignes locales, elles peuvent devenir du compost ou produire du biogaz. Le geste est concret, mais son efficacité dépend de la disponibilité réelle d’une solution de proximité et de la qualité du tri.

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Sources et références

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