
Ordres et sous-ordres des animaux : comment lire une classification ?
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Un chat et un lion appartiennent à la même famille, mais un chien n’y figure pas. Pourtant, tous trois sont des mammifères carnivores. Cette différence se comprend en suivant les rangs de la classification, du groupe assez vaste jusqu’à l’espèce. Le mot « sous-ordre » paraît alors moins mystérieux : il désigne un niveau que certaines classifications utilisent pour subdiviser un ordre. Il ne s’agit toutefois pas d’une marche obligatoire dans une échelle universelle. Les rangs sont des repères, tandis que les parentés évolutives constituent l’information biologique que les taxonomistes cherchent à décrire.
À quoi sert la classification des animaux ?
Un nom courant est pratique, mais il ne permet pas toujours de savoir précisément de quel animal on parle. « Chat » peut désigner le chat domestique, un chat sauvage ou, dans une conversation, un membre de la famille des félins. Une classification partage les organismes en groupes identifiés et emboîtés. Elle aide les naturalistes, les musées et les bases de données à relier les observations, les spécimens et les informations scientifiques au même taxon, c’est-à-dire au groupe auquel ils se rapportent.
Les ressemblances visibles donnent parfois une première intuition, mais elles ne suffisent pas à établir une parenté. Des organismes peuvent se ressembler parce qu’ils vivent dans des milieux semblables, sans être proches dans l’arbre du vivant. À l’inverse, des espèces parentes peuvent avoir des apparences différentes. Les classifications contemporaines s’appuient donc sur plusieurs types d’indices, notamment anatomiques et génétiques, et sont susceptibles d’être révisées lorsque les connaissances progressent.
Règne, ordre, famille : une hiérarchie utile, pas une liste rigide
Dans les manuels, on rencontre souvent la suite règne, embranchement, classe, ordre, famille, genre et espèce. Chaque rang inférieur précise généralement le groupe précédent. Mais il ne faut pas imaginer que tout organisme doit obligatoirement occuper chacun de ces étages, ni que cette liste est complète. L’Integrated Taxonomic Information System, ou ITIS, reconnaît par exemple des rangs intermédiaires comme la sous-classe, l’infra-classe, le super-ordre, le sous-ordre et l’infra-ordre. D’autres rangs peuvent aussi apparaître selon les groupes et les conventions suivies.
Prenons les carnivores. Dans la classification consultée, le chat domestique appartient à la famille des Felidae, les félins. Le chien appartient à celle des Canidae, les canidés. Tous deux se trouvent dans l’ordre des Carnivora, mais dans des sous-ordres différents. Un rang fonctionne donc comme une étiquette comparative : il indique la place attribuée à un groupe dans une classification donnée, sans garantir que chaque ordre de tous les animaux soit subdivisé de la même manière.
Que signifie « sous-ordre » ?
Un sous-ordre est un rang placé sous l’ordre et au-dessus de rangs tels que la famille dans les exemples courants. Le préfixe « sous- » indique cette position relative. Il n’existe pas parce que la nature aurait dessiné une frontière visible entre deux catégories, mais parce que les taxonomistes ont jugé utile de nommer des subdivisions d’un ensemble plus vaste.
L’ITIS classe ainsi Feliformia, les carnivores « de type félin », comme sous-ordre des Carnivora. La base y range notamment les familles des félins, des hyènes et des mangoustes. Elle reconnaît aussi Caniformia, le sous-ordre qui comprend les canidés, les ours et plusieurs familles de phoques. Ces exemples montrent pourquoi la vieille idée selon laquelle « les carnivores sont les animaux qui mangent surtout de la viande » ne suffit pas : le nom de l’ordre renvoie ici à une classification taxonomique, pas à une règle simple sur le régime de chaque espèce.
La position exacte d’un nom peut évoluer. L’ITIS indique une dernière révision en 2024 pour son entrée Feliformia et en 2015 pour Caniformia. Ces dates décrivent la mise à jour de ces fiches, elles ne prouvent pas que toute la classification des mammifères a été réexaminée ces années-là. Une autre base peut retenir une source ou une présentation différente. Pour une identification, il faut donc consulter le nom du taxon, son rang, son parent et la référence taxonomique, plutôt que se fier au seul mot « sous-ordre ».
Vertébrés et invertébrés : deux grands repères, pas deux classes
Les mots « vertébrés » et « invertébrés » aident à décrire les animaux à grands traits, mais ils ne représentent pas deux classes placées côte à côte. Les Vertébrés forment un groupe reconnu dans la classification. Les « invertébrés » rassemblent, par commodité, les animaux qui ne sont pas rangés parmi les vertébrés ; ce terme ne désigne pas à lui seul une unique classe taxonomique.
Dans son tableau 1a, l’UICN estimait à 76 289 le nombre d’espèces décrites parmi cinq grands groupes de vertébrés en 2025-1. Les nombres ci-dessous sont des estimations d’espèces décrites, et non le nombre d’espèces dont le risque d’extinction avait été évalué :
| Groupe suivi par l’UICN | Nombre estimé d’espèces décrites en 2025-1 |
|---|---|
| Mammifères | 6 736 |
| Oiseaux | 11 195 |
| Reptiles | 12 386 |
| Amphibiens | 8 863 |
| Poissons | 37 109 |
Le tableau de l’UICN emploie « Fishes » comme grand groupe. Dans la classification évolutive, « poissons » est un terme collectif qui rassemble plusieurs lignées et ne correspond pas à une classe unique au même titre que Mammalia. L’utiliser dans un tableau de vulgarisation reste utile, à condition de ne pas transformer cette commodité en rang taxonomique.
La même table estime à 1 508 442 les espèces décrites de plusieurs grands groupes d’invertébrés. Les deux sous-totaux suggèrent qu’environ 95 % des espèces décrites comptabilisées dans ce tableau relèvent de ces groupes d’invertébrés et environ 5 % des groupes de vertébrés présentés. Ce rapport ne mesure ni le nombre total d’espèces qui existent, ni la part déjà évaluée par l’UICN. La table précise d’ailleurs séparément combien d’espèces ont fait l’objet d’une évaluation.
La classification est-elle définitive ?
Non. Les taxonomistes peuvent modifier une classification quand des analyses nouvelles éclairent les parentés ou quand une révision des noms s’impose. Il faut aussi distinguer taxonomie et nomenclature. La première s’intéresse aux groupes et à leurs relations ; la seconde encadre les noms scientifiques. La Commission internationale de nomenclature zoologique (ICZN) définit son code comme un système de noms appliqués à des unités taxonomiques. Le code organise les noms, mais ne transforme pas chaque classement en vérité immuable.
Voilà pourquoi un nom scientifique est plus précis qu’un nom courant sans être une étiquette éternelle. Pour comprendre un animal, regardez à la fois son nom, le rang auquel il est attribué, la classification utilisée et la date de la source. C’est plus instructif qu’une longue liste de cases, et cela laisse la place aux découvertes qui affinent encore l’arbre du vivant.
Pour aller plus loin
La classification donne des noms aux groupes; notre article sur les noms d’animaux en français explique comment le vocabulaire courant distingue parfois mâle, femelle et petit.
Vue d’ensemble
Pour relier ces rangs à un panorama plus large, la liste générale des animaux rassemble les repères sur la diversité, les noms, l’alphabet et la répartition.
Sources et références
- ITIS, Data Definition and Standards, rangs et hiérarchies taxonomiques
- ITIS, fiche Feliformia
- ITIS, fiche Caniformia
- UICN, The IUCN Red List of Threatened Species, version 2025-1, tableau 1a
- ICZN, Article 1. Definition and scope
- Bernardi, G. (2013), « Speciation in fishes », Molecular Ecology, 22, 5487-5502
Retrouvez les ressources utilisées pour cette fiche et prolongez votre lecture.




