La vaquita LesPreuves observe une bouée d’effarouchement fictive depuis un bateau, tandis que des oiseaux marins nagent à distance.
Illustration pédagogique fictive. Les espèces, les dimensions et les dispositifs ne sont pas représentés à l’échelle.Crédit : LesPreuves.

Captures accidentelles d’oiseaux marins : quelles solutions pour réduire la mortalité ?

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Imaginons un guillemot qui plonge à la poursuite d’un banc de poissons. Dans la même zone, un pêcheur a posé son filet. L’oiseau peut s’y prendre alors qu’il ne fait pas partie des captures recherchées. Cette rencontre involontaire est au cœur du problème des captures accidentelles.

À retenir

  • Une capture accidentelle résulte d’un chevauchement entre oiseaux et engins de pêche.
  • Les essais britanniques sont encourageants, mais leur portée reste liée aux espèces et aux pêcheries étudiées.
  • Les dispositifs doivent être évalués dans les conditions de travail françaises.

Quand la zone de repas devient une zone à risque

Pour un guillemot ou un petit pingouin, la colonne d’eau est un garde-manger. Pour un pêcheur, c’est un lieu de travail. Quand un animal non visé rencontre un filet, une ligne ou un autre engin, on parle de capture accidentelle. Le problème ne vient donc pas seulement de la fragilité d’une espèce : il naît d’une superposition, dans l’espace et dans le temps, entre un comportement animal et une activité humaine.

Le risque naît d’une superposition entre zone de nourrissage et zone de pêche.

Pourquoi les oiseaux marins sont si difficiles à protéger

Un oiseau marin revient à terre pour se reproduire, puis repart se nourrir parfois très loin de sa colonie. Le risque change avec la saison, la météo, les proies disponibles, la profondeur de plongée et le type d’engin. Une mesure efficace pour un type de pêche ne l’est donc pas forcément ailleurs. Le cycle des oiseaux marins en France aide à comprendre cette double dépendance.

L’OFB conduit avec des pêcheurs, des scientifiques et des associations un programme d’essais de 2025 à 2030. Les oiseaux marins y figurent notamment aux côtés des mammifères marins, des raies et des requins.

Cornouailles : des résultats publiés en 2026

En Cornouailles, des essais menés d’octobre 2023 à mars 2025 avec dix pêcheurs ont testé des dispositifs d’effarouchement, destinés à éloigner les oiseaux. Les résultats ont été publiés en 2026. L’université d’Exeter rapporte une baisse du risque de capture pour certains oiseaux plongeurs, avec une bouée visuelle et un cerf-volant effaroucheur. L’essai a eu lieu en conditions réelles, avec des filets témoins sans dispositif. Le communiqué de l’université d’Exeter présente les résultats ; l’étude dans Conservation Letters détaille le protocole et ses limites.

Mais il s’agit d’un contexte britannique précis. Les auteurs n’ont pas évalué tous les facteurs possibles, notamment l’accoutumance des oiseaux et l’efficacité selon le moment du jour. Pour la France, le bon message n’est pas « cela marche partout » mais « cela mérite d’être testé chez nous », en tenant compte de la sécurité à bord, du travail des équipages, de la réglementation et de l’équilibre économique.

Prévenir plutôt que seulement constater : la boîte à outils

Plusieurs leviers peuvent se combiner :

  • éviter certaines zones ou périodes à risque ;
  • adapter les pratiques de pêche ;
  • rendre les engins plus visibles ou plus détectables ;
  • utiliser des dispositifs d’effarouchement ;
  • améliorer la sélectivité et renforcer l’observation en mer.

Comment savoir si un dispositif marche vraiment ?

Compter les oiseaux autour d’un bateau ne suffit pas. Il faut comparer des sorties avec et sans dispositif, noter l’effort de pêche, l’état de la mer, les espèces présentes et le nombre réel d’interactions. Sans cela, une baisse apparente peut venir d’un simple changement de zone ou de saison. Les essais doivent aussi être répétés sur plusieurs navires et plusieurs périodes, et vérifier que le dispositif ne déplace pas le problème vers une autre espèce ni ne réduit trop la pêche visée.

Une évaluation distincte est nécessaire pour les dauphins et captures accidentelles dans le golfe de Gascogne : un dispositif destiné aux oiseaux ne devient pas automatiquement une solution pour les cétacés.

Parcs naturels marins et suivi des colonies

Selon l’OFB, 50 % des espèces d’oiseaux marins nicheurs se reproduisent dans les parcs naturels marins français. Cela souligne leur rôle pour suivre les colonies et organiser la coexistence des usages, sans signifier que la moitié des populations y échappe à toute pression. Le rôle des aires marines protégées en France doit donc être évalué à partir des pressions et des résultats observés.

Qu’est-ce qu’une capture accidentelle d’oiseau marin ?

C’est la prise d’un oiseau non visé dans un engin de pêche, souvent un oiseau plongeur qui poursuit des proies.

L’effarouchement fonctionne-t-il en France ?

La fiche du programme de l’OFB, mise à jour le 1er juin 2026, décrit des essais en cours pour la période 2025-2030. Elle ne fournit pas encore de bilan national d’efficacité pour ces dispositifs.

Réduire le risque, puis vérifier le résultat

Aucun dispositif ne dispense de suivre les captures et les conditions de pêche. Les essais offrent des pistes concrètes ; leur intérêt se mesurera à une baisse durable des interactions, sans déplacer le problème vers une autre espèce.

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Sources et références

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