La vaquita LesPreuves examine un ordinateur ouvert dans un atelier de réparation et de réemploi.
Illustration pédagogique fictive.Crédit : LesPreuves.

Numérique responsable : les gestes qui comptent vraiment

5 min de lecture

Dans un bureau, une salariée reçoit un guide de « bonnes pratiques numériques » envoyé par son entreprise. Il contient vingt conseils : éteindre sa box la nuit, réduire la luminosité de son écran, limiter les pièces jointes, vider sa corbeille, désactiver la lecture automatique des vidéos. Tous partent d'une bonne intention. Mais tous ne se valent pas. Certains ont un effet réel, d'autres presque aucun. Pour agir efficacement, il faut savoir où se trouve vraiment l'empreinte du numérique. Voici les gestes classés selon leur impact, dans le cadre du dossier sur les pollutions invisibles du quotidien.

À retenir

  • En 2022, les terminaux représentaient 50 % de l'empreinte carbone du numérique liée aux usages français, contre 46 % pour les centres de données et 4 % pour les réseaux.
  • Pour les équipements, la priorité est de faire durer l'existant : protéger, entretenir, réparer et transmettre avant de recycler.
  • Le reconditionné réduit généralement l'impact par rapport au neuf, à condition de répondre à un besoin réel et de conserver l'appareil assez longtemps.

Le principe : agir là où l'impact se trouve

L'actualisation publiée par l'ADEME en janvier 2025 estime que le numérique représentait 4,4 % de l'empreinte carbone de la France en 2022. Les terminaux en concentraient 50 %, dont 42 points pour leur fabrication et 8 pour leur utilisation. Les centres de données atteignaient 46 % et les réseaux 4 %. Cette nouvelle méthode tient notamment compte des centres de données étrangers servant les usages français.

Ces chiffres invitent à éviter les slogans trop simples. Pour les équipements, leur fabrication reste le poste dominant ; pour les services, les centres de données comptent presque autant que les terminaux dans le total. Les chiffres complets figurent dans l'article sur la pollution numérique.

Niveau 1 : les gestes à fort impact

Garder ses appareils plus longtemps. Chaque année supplémentaire d'utilisation retarde la fabrication d'un remplacement et répartit l'empreinte initiale sur une plus longue durée. Le portail public Numérique écoresponsable en fait le premier levier matériel.

Réparer plutôt que remplacer. Un écran cassé ou une batterie usée ne justifie pas forcément un nouvel achat.

Acheter reconditionné. Lorsqu'un achat est nécessaire, l'ADEME conclut qu'un appareil reconditionné présente généralement moins d'impacts annuels qu'un neuf. L'avantage varie toutefois selon les pièces remplacées, les accessoires ajoutés, le transport et surtout la durée de la seconde vie.

Limiter le nombre d'équipements. Une tablette en plus, un deuxième téléviseur, une montre connectée : chaque appareil supplémentaire ajoute son poids de fabrication.

Niveau 2 : les gestes utiles

Recycler ses appareils en fin de vie, en les rapportant en magasin ou en déchetterie, plutôt que de les laisser dormir dans un tiroir. Leurs métaux peuvent être récupérés, et leurs substances dangereuses traitées, comme l'explique l'article sur les déchets électroniques.

Donner ou revendre les appareils encore fonctionnels, pour prolonger leur vie chez quelqu'un d'autre.

Niveau 3 : les gestes d'usage

Les usages sollicitent les appareils, les réseaux et surtout les centres de données. Leur effet dépend du service, de sa durée, de la définition de l'image et du mix électrique. Quelques réflexes restent utiles, sans remplacer l'allongement de la durée de vie du matériel :

  • réduire la définition des vidéos en streaming lorsque la haute définition n'apporte rien, par exemple sur un petit écran ;
  • éteindre les appareils plutôt que de les laisser en veille ;

Quant au célèbre tri des courriels, il ne cible pas les principaux postes mesurés avec la même efficacité qu'un achat évité ou qu'une réparation. Son effet réel dépend du stockage effectivement supprimé et de l'infrastructure concernée.

Et l'intelligence artificielle ?

L'essor de l'IA générative soulève de nouvelles questions sur la consommation d'électricité et d'eau des centres de données. Les chiffres disponibles, souvent déformés, sont démêlés dans l'article sur l'IA et l'environnement.

Dans les entreprises

Pour une entreprise ou une administration, la logique s'applique à l'échelle du parc : réduire les achats, protéger et entretenir le matériel, allonger les durées d'amortissement, acheter reconditionné lorsque le besoin est établi, puis organiser le réemploi et le recyclage. Le guide public Numérique écoresponsable classe la protection et l'entretien des équipements parmi les actions prioritaires.

Le guide des vingt conseils, revisité

Revenons à notre salariée et à son guide de vingt conseils. Si elle ne devait retenir qu'une règle, ce serait de commencer par les décisions qui évitent un renouvellement prématuré. Les gestes d'usage ne sont pas nuls ; ils deviennent simplement moins crédibles lorsqu'une organisation remplace encore du matériel fonctionnel. Et si le prochain achat le plus responsable était celui que l'on diffère, après avoir vérifié qu'il répond à un besoin réel ?

Dans le même dossier

Sources et références

Retrouvez les ressources utilisées pour cette fiche et prolongez votre lecture.

Signaler une erreur

À lire aussi

Tous les articles

Vous choisissez si LesPreuves peut utiliser Google Analytics. Refuser la mesure d’audience ne limite pas l’accès aux articles.

En savoir plus sur la mesure d’audience