La vaquita compare deux thermomètres près d’une maquette de pompe à chaleur et d’un radiateur.
Illustration du dossier LesPreuves sur les pompes à chaleur.Crédit : Illustration LesPreuves

COP, SCOP et rendement réel : trois chiffres pour trois questions

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Deux devis peuvent annoncer un COP de 5 et un SCOP de 4. Le plus grand chiffre ne désigne pas forcément la meilleure installation. Ces nombres ne décrivent pas le même examen : l'un correspond à des conditions de fonctionnement définies, l'autre à une saison de référence.

Puis vient une troisième question, celle de la maison réelle. Combien de chaleur a-t-elle reçu pour l'électricité effectivement consommée pendant l'année ? Les trois réponses sont utiles, à condition de ne pas leur faire dire la même chose. Les programmes de certification distinguent notamment les essais de performance et les calculs saisonniers. [S08]

Le COP photographie un point de fonctionnement

Le coefficient de performance compare la puissance thermique fournie à la puissance électrique absorbée dans le périmètre retenu. Si une PAC fournit 6 kW de chaleur pour 2 kW électriques, son COP vaut 3. Pendant une heure de fonctionnement stable, cela correspond à 6 kWh de chaleur et 2 kWh d'électricité.

La température de la source et celle de chauffage accompagnent impérativement ce rapport. Pour une PAC air-eau, A7/W35 désigne usuellement un point avec un air à 7 °C et une eau de chauffage à 35 °C, suivant les conventions de l'essai. D'autres paramètres précisent les conditions, notamment les débits et les écarts de température d'eau.

Les essais associés à EN 14511 permettent de caractériser le matériel dans un cadre défini. Un COP élevé à A7/W35 renseigne sur une condition favorable ; il ne représente pas une nuit froide avec des radiateurs alimentés à 55 °C. La fiche technique détaillée compte davantage que le grand nombre placé sur la première page commerciale. [S09]

Pourquoi une eau à 55 °C demande plus d’effort

Imaginez deux étages à atteindre. Porter la chaleur de 7 à 35 °C demande moins de travail que la porter de 7 à 55 °C. La thermodynamique donne un plafond idéal, appelé limite de Carnot : COP maximal = T chaude ÷ (T chaude − T froide). Les températures doivent être en kelvins : on ajoute 273,15 à la valeur en degrés Celsius. [S43]

Avec 7 °C dehors et 35 °C côté eau, ce calcul donne 308,15 ÷ 28, soit 11,0. Ce plafond suppose une machine idéale, sans les pertes d’une installation réelle.

Pourquoi une eau à 55 °C demande plus d’effort
Conditions air/eauPlafond idéal approchéCOP déclaré VaillantRapport indicatif au plafond
7/35 °C11,04,5541 %
7/55 °C6,82,9343 %
−7/35 °C7,32,7137 %
−7/55 °C5,32,1741 %

Les quatre COP déclarés concernent la référence VWL 65/8.1 A 230V S3. Les deux niveaux d’eau et d’air rendent visible la même difficulté : quand l’écart augmente, le plafond baisse. [S09]

Comment lire le calcul : nous utilisons ici l’air extérieur et l’eau de sortie pour approcher les températures. Le fluide de la PAC doit s’évaporer plus froid que l’air et se condenser plus chaud que l’eau. Les rapports de 37 à 43 % sont donc des repères pédagogiques, pas une mesure certifiée de l’efficacité thermodynamique. Ils ne prouvent pas non plus que toute baisse de performance est inévitable : la pose, les réglages et les pertes comptent.

À air 7 °C, plafond Carnot approché 11,0 à eau 35 °C et 6,8 à 55 °C ; COP déclarés 4,55 et 2,93. À air −7 °C : plafonds 7,3 et 5,3 ; COP 2,71 et 2,17.
Vaillant VWL 65/8.1 A 230V S3 : quatre points déclarés. Traits pleins reliant seulement les points ; aucune mesure intermédiaire. Pointillés : calcul idéal avec températures air/eau, distinctes des températures réelles du fluide.Crédit : Graphique LesPreuves

Le SCOP reconstruit une saison normalisée

Le SCOP, coefficient de performance saisonnier, rapporte une demande de chauffage de référence à l'énergie électrique associée suivant une méthode normalisée. EN 14825 organise notamment l'évaluation à charge partielle et les conditions utilisées pour cette performance saisonnière. [S08]

Le calcul tient compte d'une succession de températures et de niveaux de demande, au lieu de retenir un seul point. Il faut cependant identifier le climat de référence, l'application en température et les caractéristiques déclarées. Deux SCOP issus de climats ou d'applications différents ne se comparent pas directement.

Une maison n'habite pas dans une norme. Sa température de consigne, sa distribution, ses pertes et ses horaires peuvent s'écarter du scénario utilisé. Le SCOP aide à sélectionner un produit sur une base commune ; il ne remplace pas l'étude du bâtiment ni le suivi après pose.

Une performance mesurée commence par ses frontières

Pour mesurer une année réelle, on divise la chaleur fournie par l’électricité consommée pendant cette année. Les publications parlent souvent de SPF, ou facteur de performance saisonnier. Avant de comparer deux chiffres, vérifiez quels équipements les compteurs incluent.

Compter seulement le compresseur, ou ajouter l'appoint, le ventilateur, les circulateurs et la régulation, donne des périmètres différents. La chaleur peut être mesurée à la sortie du générateur ou plus loin dans le réseau. Des pertes de stockage ou de distribution changent alors ce que le bilan représente.

Le projet WP-QS de Fraunhofer ISE détaille l'instrumentation des consommations et des circuits hydrauliques. La méthode indique ce qui a été compté. Le résultat décrit une installation pendant une période donnée ; il peut changer si les réglages ou les usages changent. [S03]

Additionner les énergies, pas moyenner les COP

Un piège se cache dans les moyennes. Deux périodes de COP 2 et 4 ne donnent pas toujours un COP global de 3. Il faut additionner les quantités de chaleur et d'électricité, puis diviser les totaux.

Voici un exemple pédagogique. La machine fournit 6 000 kWh de chaleur pendant une période à COP 2, consommant 3 000 kWh électriques. Elle fournit ensuite 6 000 kWh à COP 4, consommant 1 500 kWh. Le total est 12 000 kWh thermiques pour 4 500 kWh électriques, soit une performance de 2,67, et non 3.

Additionner les énergies, pas moyenner les COP
Période du calculChaleur fournieCOPÉlectricité
Première6 000 kWh23 000 kWh
Deuxième6 000 kWh41 500 kWh
Total12 000 kWh2,67 global4 500 kWh

La différence vient du poids énergétique de chaque période. Les jours où la machine est moins efficace peuvent aussi être ceux où elle fournit beaucoup de chaleur. Une moyenne arithmétique de relevés instantanés masque cette relation.

Compter aussi le chauffage de secours

Une résistance d’appoint transforme directement l’électricité en chaleur. Quand elle intervient, elle peut diminuer la performance de l’ensemble. Son effet dépend de la quantité de chaleur qu’elle fournit, pas seulement de sa présence.

Le calcul de l’appoint par temps froid compare plusieurs parts de fonctionnement. Ici, la règle à retenir est celle des compteurs : si l’appoint est déjà inclus dans le bilan annuel, on ne lui ajoute pas une seconde pénalité. La consommation réelle doit compter les mêmes équipements que le calcul financier. [S06]

Lire une fiche sans acheter une promesse

Pour comparer des produits, recherchez la référence exacte, la puissance aux températures de calcul, les COP aux points utiles et les SCOP pour la même application. Vérifiez le certificat, sa portée et sa validité dans le répertoire correspondant. La certification contrôle des caractéristiques du produit ; elle ne certifie pas automatiquement la pose dans votre maison. [S28]

Une température d'eau de 35 °C sur l'étiquette doit aussi être confrontée aux radiateurs prévus. Si l'installation demande davantage, comparez les données adaptées plutôt que d'espérer conserver le résultat basse température.

Dans le choix d’une PAC, ces chiffres remplissent trois fonctions : le COP décrit un essai, le SCOP compare une saison de référence, et la mesure annuelle suit votre installation. Il faut les lire ensemble. Le plus grand nombre ne remplace ni le bon radiateur ni le bon réglage.

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Sources et références

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