
Combien consomme une pompe à chaleur dans une maison réelle ?
Deux maisons équipées de la même pompe à chaleur peuvent recevoir des factures très différentes. L’une demande davantage de chauffage. L’autre chauffe son eau plus haut ou utilise plus souvent la résistance de secours. Pour comprendre la consommation, il faut donc connaître deux choses : la chaleur nécessaire au logement et l’électricité utilisée pour la fournir.
Le rapport français ADEME/ENERTECH de 2025 donne un point de départ concret. Il suit 100 installations ayant remplacé une chaudière : 90 PAC air-eau et 10 PAC eau-eau. On y mesure le fonctionnement dans des maisons habitées, avec leurs réglages et leurs contraintes. [S01]
La moyenne française cache des écarts importants
Pour le chauffage, la performance annuelle moyenne atteint 2,9 sur les PAC air-eau et 4,3 sur les PAC eau-eau. Un rapport de 2,9 signifie que la machine fournit 2,9 kWh de chaleur pour 1 kWh d’électricité comptée. L’eau chaude sanitaire est étudiée séparément. [S36]
Dans la version de 228 pages du rapport consultée, les 90 PAC air-eau comprennent 7 résultats inférieurs à 2, 31 inférieurs à 2,5 et 52 inférieurs à 3. Ces groupes sont emboîtés : les 7 premiers font déjà partie des 31. À l’autre extrémité, trois installations sur radiateurs atteignent environ 4,12 à 4,54. Le résultat le plus faible, inférieur à 1, correspond à une panne identifiée. [S35]
Une moyenne aide à situer le sujet. Elle n’annonce pas votre prochaine facture. Le suivi allemand Fraunhofer trouve une moyenne de 3,4 parmi les 49 PAC air-eau évaluées en 2024, avec sa propre méthode et son propre échantillon. Les deux études ne peuvent pas être fusionnées comme si elles mesuraient le même parc. [S03]
Ce que les compteurs prennent en compte
Le suivi français mesure l’électricité des unités et des équipements qui les accompagnent, dont les pompes de circulation. La chaleur est mesurée au niveau des circuits de production. Le rapport emploie parfois « SCOP mesuré » pour son résultat annuel ; il s’agit ici d’une observation sur place, distincte du SCOP normalisé de l’étiquette. [S35]
Cette précision change le calcul. Si la consommation de la résistance d’appoint figure déjà dans le rapport annuel, il ne faut pas l’ajouter une seconde fois. Un poêle à bois utilisé en complément, en revanche, fournit une chaleur qui ne vient pas de la PAC. Une comparaison doit aussi en tenir compte.
La lecture des différents indicateurs de performance précise ces différences. Pour la facture, retenez surtout une règle : chaleur et électricité doivent couvrir les mêmes services et les mêmes équipements.
L’eau trop chaude explique une partie des écarts
Dans le rapport français, les installations sur plancher chauffant produisent leur eau à 29,4 °C en moyenne, contre 39,9 °C pour celles sur radiateurs seuls. Les meilleurs résultats vont globalement avec des températures basses. Mais une eau tiède ne suffit pas à garantir une bonne performance : d’autres défauts peuvent la dégrader. [S35]
Les réglages, les démarrages trop fréquents et les pertes du circuit donnent des pistes de diagnostic. La bonne question devient : pourquoi la machine doit-elle produire cette température ? Une seule pièce mal chauffée peut conduire à relever la température pour toute la maison. Les radiateurs et leur puissance à basse température permettent de vérifier ce point.
L’appoint n’a pas dominé cette campagne de chauffage
À l’échelle de l’échantillon, les résistances d’appoint représentent 2,7 % de l’électricité consommée pour le chauffage. Le dégivrage compte pour moins de 1 %, et les consommations hors production de chaleur, comme certaines veilles, pour près de 4 %. Ces parts décrivent la campagne, pas chaque appareil. [S35]
Le rapport souligne des cas individuels moins satisfaisants. Il rappelle aussi que l’hiver mesuré était plutôt doux, malgré une vague de froid en janvier 2024. On ne peut donc pas reprendre ces proportions comme un plafond pour un hiver plus rude. Le fonctionnement dans le froid explique comment suivre l’appoint et le dégivrage.
Passer du besoin de chaleur aux kWh électriques
Le calcul de base est simple : électricité annuelle = besoin de chaleur ÷ performance globale. Pour fournir 15 000 kWh de chaleur avec une performance de 3, le système utilise 5 000 kWh électriques.
Cadre du calcul : besoin illustratif de 15 000 kWh de chauffage par an ; performance de l’ensemble, appoint compris. Coût au Tarif Bleu EDF Base 6 kVA, 0,2001 €/kWh TTC, grille applicable depuis le 1er août 2026 et consultée le 1er octobre. Abonnement, eau chaude et entretien exclus. Les températures et le confort restent identiques entre les lignes. [S30]
| Performance globale | Électricité annuelle | Coût des kWh, arrondi |
|---|---|---|
| 2 | 7 500 kWh | 1 501 € |
| 2,5 | 6 000 kWh | 1 201 € |
| 2,9 | 5 172 kWh environ | 1 035 € |
| 3 | 5 000 kWh | 1 001 € |
| 4 | 3 750 kWh | 750 € |
Le besoin de 15 000 kWh est un exemple, pas une moyenne française. La ligne 2,9 applique un repère observé à ce besoin choisi ; elle ne reproduit pas une maison du rapport. Remplacez ces deux valeurs par l’estimation de votre logement pour obtenir un budget utile.
Le tarif et les services peuvent changer le résultat
La même grille EDF donne 0,2142 €/kWh en heures pleines et 0,1589 en heures creuses. Le coût dépend alors des horaires réels de fonctionnement. Tout déplacer la nuit n’est pas forcément avantageux si la machine travaille avec un air beaucoup plus froid ou doit rattraper une forte baisse de température. [S30]
L’abonnement Base 6 kVA vaut 190,32 € par an. Il est exclu du tableau parce qu’il finance aussi les autres usages de la maison. Si la PAC impose une puissance souscrite plus élevée, le supplément d’abonnement doit rejoindre le calcul de rentabilité.
Ajoutez séparément l’eau chaude et, pour un appareil réversible, le refroidissement d’été. De même, les panneaux solaires en autoconsommation réduisent les achats seulement quand leur production correspond aux besoins.
Une facture donne une piste, deux compteurs donnent un bilan
Le compteur électrique indique ce qui a été consommé. Pour calculer la performance réelle, il faut également mesurer la chaleur fournie. Un compteur de chaleur utilise le débit d’eau et les températures aller-retour pour obtenir cette seconde quantité. [S18]
Sans cet équipement, les relevés restent utiles : périodes d’appoint, réglages, météo et écarts de confort peuvent guider un diagnostic. Comparez des périodes semblables plutôt qu’un hiver doux avec un hiver froid. Dans le projet complet de PAC, ce suivi transforme une promesse d’économie en résultat que l’on peut discuter et améliorer.
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Sources et références
- S01 — ADEME, campagne de 100 installations, notice du rapport ENERTECH, octobre 2025
- S36 — ENERTECH, présentation de la campagne de mesure, 29 juillet 2026
- S35 — ADEME / ENERTECH, rapport Performance pompes à chaleur, version 228 pages, 2025
- S03 — Fraunhofer ISE, WP-QS, résultats du suivi 2024
- S30 — EDF, grille Tarif Bleu particuliers applicable au 1er août 2026
- S18 — AFPAC, association professionnelle du secteur, fiche PAC air/eau
Retrouvez les ressources utilisées pour cette fiche et prolongez votre lecture.




