La vaquita observe une station de mesure du niveau de la mer sur un quai ; un satellite est représenté à titre illustratif.
Illustration LesPreuves ; les instruments sont représentés de manière pédagogique.Crédit : Illustration LesPreuves

Satellites et marégraphes : comment mesure-t-on la montée de la mer ?

4 min de lecture

La moyenne mondiale provient surtout de l'altimétrie satellitaire récente ; le risque pour une ville côtière se lit aussi dans les marégraphes et les mouvements du sol.

Cet article approfondit un point de notre dossier OceanEye : pourquoi l'observation de l'océan devient une priorité climatique.

La vue mondiale fournie par les satellites

Depuis 1993, les missions d'altimétrie suivent la hauteur de la surface océanique sur une grande partie du globe. Elles permettent d'estimer une tendance moyenne mondiale et ses variations régionales. D'après l'OMM, qui s'appuie sur son rapport sur l'état du climat mondial 2025, le niveau moyen mondial était fin 2025 environ 11 centimètres plus haut qu'en janvier 1993. La même source précise que le réchauffement de l'océan et la fonte des glaces alimentent cette hausse, qui s'est accélérée depuis le début des mesures satellitaires. Ce chiffre n'est ni la hauteur d'une vague ni la montée observée à chaque port.

L'altimétrie doit être étalonnée et comparée à d'autres instruments : l'OMM rappelle que les observations in situ servent aussi à valider les mesures satellitaires. Les flotteurs Argo renseignent notamment sur la température de l'océan sous la surface, essentielle pour comprendre la part due à la dilatation thermique. Le dossier OceanEye porte précisément sur la continuité de cet ensemble de mesures.

Le marégraphe mesure la mer par rapport au rivage

Installé à terre, un marégraphe enregistre la hauteur de l'eau à un endroit donné. Son historique, souvent plus ancien que l'ère satellitaire, est précieux pour les marées et les niveaux extrêmes. Mais son niveau de référence peut lui-même évoluer : le sol s'affaisse ou se soulève. Une étude de Nature Geoscience sur les mouvements verticaux du terrain montre à quel point cette composante peut modifier les projections locales du niveau marin relatif.

Pour un habitant, la question n'est pas seulement de savoir combien l'océan monte à l'échelle planétaire, mais de connaître la hauteur de la mer dans son quartier, au moment où surviennent la marée, la houle et la surcote. D'où l'intérêt de croiser les satellites, les marégraphes, la géodésie et les observations météorologiques. L'OMM le résume ainsi : comprendre l'évolution locale du niveau de la mer suppose des observations soutenues, qui incluent les marégraphes, les satellites, le contenu thermique de l'océan, la cryosphère, les eaux continentales et les mouvements verticaux du sol. Notre article sur le risque de submersion en France détaille ce passage de la mesure au danger.

Lire une tendance sans la confondre avec une prévision locale

Une courbe mondiale ne permet pas, à elle seule, d'annoncer la date d'une inondation dans une commune. Il faut tenir compte du relief, des protections, des épisodes de tempête et de l'évolution du sol. Le GIEC souligne également que les projections régionales ne sont pas identiques à la moyenne mondiale.

L'OMM insiste par ailleurs sur des lacunes qui persistent, en particulier au large, dans les petits États insulaires en développement et dans d'autres régions côtières vulnérables : ce sont autant de manques dans la capacité à évaluer le risque et à s'y préparer. Environ 770 millions de personnes vivent à moins de cinq mètres au-dessus de la ligne de marée haute, selon le secrétaire général de l'ONU cité par l'OMM.

L'enjeu de la déclaration de l'ONU de septembre 2026 est donc autant la disponibilité de données de qualité que leur traduction en cartes et décisions locales. Mieux mesurer réduit une part de l'incertitude ; cela n'annule ni l'aléa ni le besoin d'adaptation.

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