
Panneaux solaires avec batterie : quelles capacités, quels prix et quels gains ?
De 2,2 kWh pour une petite réserve à 6,6 ou 10 kWh pour un stockage plus important : ces capacités existent dans les gammes résidentielles consultées en septembre 2026. Les prix affichés atteignent 1 390 euros pour un pack Sunology STOREY de 2,2 kWh ; une Beem Battery de 6,6 kWh est proposée à partir de 5 390 euros. Ce sont des offres identifiées, avec des prestations différentes, et non un prix moyen du marché.
Depuis la baisse de la rémunération du surplus à 0,011 euro par kilowattheure dans le nouveau cadre S21, garder de l’énergie pour le soir gagne en intérêt. Encore faut-il disposer d’un surplus régulier, puis l’utiliser. C’est cette rencontre entre quantité stockée, besoins nocturnes et investissement qui détermine le bon choix.
Des repères de capacité et de prix concrets
Voici trois offres relevées le 25 septembre 2026 sur les sites des fabricants. Les prix sont ceux affichés au public à cette date ; le devis doit préciser la TVA, les accessoires et les éventuels travaux.
| Référence | Capacité annoncée | Prix affiché | Périmètre à comparer |
|---|---|---|---|
| Sunology STOREY Master | 2,2 kWh | 1 390 € | Pack de stockage, puissance annoncée 500 W |
| Beem Battery | 6,6 kWh | À partir de 5 390 € | Batterie à raccorder, installation et adaptation à préciser au devis |
| Beem Battery | 10 kWh | À partir de 7 390 € | Capacité supérieure, même vérification du coût complet |
Sources : fiche STOREY de Sunology, gamme Beem et fiche Beem Battery 6,6 kWh. Ces références donnent une échelle ; nous ne les avons pas testées et ne les classons pas. Une petite batterie à brancher et un système résidentiel raccordé par un professionnel rendent des services différents.
La capacité annoncée doit être confrontée à la capacité réellement utilisable et à la garantie. Demandez aussi si le pilotage, la mesure des flux, la fonction de secours et leur installation figurent dans le prix. Le stockage seul ne représente pas forcément l’ensemble de la dépense.
Quelle taille choisir pour le soir ?
Relevez d’abord ce que vous consommez après les heures de production. Pour déplacer environ 2 kWh utiles vers la soirée, on étudiera une réserve modeste ; pour déplacer 5 kWh, une capacité supérieure devient nécessaire. Ces besoins doivent ensuite être confrontés au surplus disponible durant les mêmes journées.
Un exemple énergétique permet de fixer les idées : le toit produit 12 kWh, dont 7 sont utilisés directement. Les 5 kWh restants constituent le maximum disponible avant les pertes de charge et de restitution. Choisir une batterie de 10 kWh pour cette seule journée laisserait une partie de sa capacité inutilisée.
L’hiver mérite un calcul séparé. Quelques bonnes journées d’été ne décrivent pas l’année entière. Notre article sur la production solaire en hiver fournit des repères mensuels ; le dossier d’autoconsommation montre comment les rapprocher de vos usages.
Le gain augmente lorsque le surplus est peu rémunéré
Retenons 6 kWh disponibles pour charger une batterie, un rendement aller-retour hypothétique de 90 % et un prix d’achat évité de 0,20 euro TTC par kWh. La restitution atteint 5,4 kWh, soit 1,08 euro d’achat évité. Ces hypothèses servent au calcul et ne décrivent pas un produit testé.
Au tarif de base de 0,011 €/kWh HT, vendre ces 6 kWh aurait rapporté 0,066 euro. Le gain supplémentaire procuré par le stockage vaut donc 1,014 euro, soit environ 1,01 euro, avant coût de la batterie, entretien et vieillissement. Le scénario suppose un particulier ne collectant pas de TVA sur la vente et un surplus intégralement éligible au tarif.
L’arrêté de juin 2026 et les précisions d’EDF OA situent ce nouveau cadre à partir des demandes complètes du 5 juin. Pour un contrat plus ancien, il faut remplacer 0,011 par votre tarif réel. Plus la vente rapporte, plus le revenu auquel on renonce en stockant est élevé.
Combien cela représente-t-il sur une année ?
Avec les mêmes hypothèses, chaque kilowattheure entrant dans la batterie procure 0,90 × 0,20 − 0,011, soit 0,169 euro de gain additionnel. Si 600 kWh passent ainsi par le stockage dans l’année, le gain atteint 101,40 euros ; à 1 200 kWh, il atteint 202,80 euros.
Ces volumes annuels sont des scénarios à vérifier sur votre courbe de production, pas des performances garanties par la capacité affichée. Ils expliquent toutefois le point essentiel : une batterie régulièrement utilisée peut mieux valoriser le solaire, tandis qu’une grande réserve peu sollicitée amortit lentement son coût.
Notre méthode de calcul de rentabilité solaire compare le projet avec et sans batterie. Elle conserve les frais, les pertes et les éventuels remplacements. Un devis convaincant doit rendre visible ce gain supplémentaire, séparément des économies que les panneaux procuraient déjà.
La puissance détermine les appareils utilisables ensemble
La capacité en kWh décrit la réserve ; la puissance en kW décrit le débit. Le pack STOREY cité annonce 500 W : cette valeur appelle une lecture différente de celle d’un système annonçant plusieurs kilowatts, même si l’on s’intéresse d’abord à la quantité stockée.
À titre d’illustration, 4 kWh effectivement restitués couvriraient une demande constante de 1 kW pendant quatre heures. Mais un équipement limité à 500 W ne peut pas délivrer 1 kW en continu. Vérifiez donc les consommations simultanées, en plus du total de la soirée.
Pour maintenir certains circuits pendant une coupure, une fonction de secours et une séparation du réseau doivent être prévues. Le DOE explique ce fonctionnement en îlotage. La configuration doit préciser quels appareils resteront alimentés.
Utiliser directement, stocker ou choisir un contrat ?
Décaler l’eau chaude ou une recharge vers les heures solaires peut déjà réduire le surplus. L’ADEME décrit ces usages pilotables. Le besoin restant permet ensuite de dimensionner la batterie, sans payer pour une réserve évitable.
La batterie virtuelle constitue une autre comparaison, contractuelle cette fois. Pour le bilan environnemental, la fabrication du stockage doit aussi être intégrée à l’empreinte du système solaire. Votre choix peut alors s’appuyer sur trois résultats lisibles : l’énergie déplacée, le gain annuel supplémentaire et le coût complet installé.
Sources et références
- fiche STOREY de Sunology
- gamme Beem
- fiche Beem Battery 6,6 kWh
- arrêté de juin 2026
- précisions d’EDF OA
- DOE explique ce fonctionnement en îlotage
- ADEME décrit ces usages pilotables
Retrouvez les ressources utilisées pour cette fiche et prolongez votre lecture.




