
Espèces protégées en France
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Un hérisson traverse le jardin, une chauve-souris occupe une toiture, un nid se trouve sur une façade à rénover. Ces situations posent une question concrète : que peut-on faire sans porter atteinte à une espèce protégée ? La réponse dépend de l’animal ou du végétal concerné, du lieu et de l’intervention prévue. La propriété privée ne dispense pas de respecter les règles de protection. [1][2]
Les exemples suivants permettent de comprendre le dispositif. Pour préparer des travaux ou déplacer un animal, il faut ensuite vérifier le texte qui s’applique à la situation.
Ces règles s’inscrivent dans les enjeux de protection présentés dans notre dossier sur la biodiversité en France.
Ce que protège la réglementation
Les articles L. 411-1 et suivants du Code de l’environnement organisent la protection de certaines espèces et de leurs habitats. Des arrêtés précisent les listes et les modalités. Selon leurs dispositions, les interdictions portent sur la destruction, la capture, le dérangement intentionnel, le transport, la détention ou le commerce. Elles peuvent aussi concerner les sites nécessaires à la reproduction et au repos. [1][2]
Le mot « protégée » ne résume donc pas toutes les règles. Le territoire, l’origine du spécimen et les articles applicables doivent être examinés. Une réponse valable pour une espèce métropolitaine ne se transpose pas automatiquement aux outre-mer.
La protection juridique et le risque de disparition
Une espèce commune peut être protégée. Une espèce menacée peut, au contraire, ne pas être couverte par un arrêté. La Liste rouge évalue le risque de disparition, tandis que la réglementation fixe les actes interdits et leurs conditions. L’UICN France a étudié ce décalage dans une analyse publiée en juin 2024. [5]
Sur une fiche naturaliste, consultez séparément le statut de conservation et le statut réglementaire. Les codes VU ou EN de la Liste rouge ne remplacent pas la référence à un texte juridique.
Des animaux familiers figurent dans les listes
Le hérisson et l’écureuil roux
L’arrêté du 23 avril 2007 sur les mammifères terrestres comprend notamment le hérisson d’Europe, l’écureuil roux, le castor d’Europe et de nombreuses chauves-souris, dont la pipistrelle commune. L’article 2 précise les interdictions relatives aux individus ainsi qu’aux sites de reproduction et aux aires de repos, dans les conditions prévues par le texte. [3]
La présence régulière d’un hérisson dans un jardin ne permet pas de le prélever pour le garder. De même, un écureuil habitué aux visiteurs d’un parc reste un animal sauvage. Sa familiarité ne change pas son statut.

Les oiseaux et leurs nids
L’arrêté du 29 octobre 2009 définit la protection de nombreux oiseaux. Il vise notamment les individus, les œufs et les nids. Des dispositions concernent aussi les sites de reproduction et les aires de repos des espèces visées. [4]
Un nid apparemment vide ne prouve pas que sa suppression est autorisée. Avant des travaux sur une toiture, une façade ou une haie, faites identifier l’espèce et vérifiez les dispositions applicables. La saison, prise isolément, ne suffit pas à trancher.
Les plantes ont aussi leurs textes de protection
Le Code de l’environnement concerne également des végétaux non cultivés. [2] Une plante sauvage peut relever d’une liste nationale ou territoriale. En cas de doute, une photographie conserve les caractères utiles à son identification sans nécessiter de cueillette.
Vérifier un statut en quelques étapes
Commencez par identifier l’espèce avec suffisamment de certitude. Son nom scientifique évite les ambiguïtés entre noms communs proches. Notez le lieu de l’observation, car le champ géographique du texte fait partie de la réponse.
La fiche de Service Public sur les espèces animales protégées donne accès à plusieurs arrêtés par groupe, notamment les mammifères, les oiseaux, les reptiles et les amphibiens. [1] Elle constitue un point de départ. Sur Légifrance, choisissez ensuite la version en vigueur et lisez les articles associés à l’espèce. Sa présence dans une liste ne dispense pas de vérifier les conditions de protection.
Pour un dossier de travaux, conservez la référence et la date de consultation. Un ancien article ou une capture d’écran peut aider à retrouver une information, mais ne garantit pas que le texte est encore à jour.
Réagir à une situation concrète
Un animal semble blessé ou en difficulté
Avant de le garder ou de le déplacer, décrivez la situation à un centre de soins de la faune sauvage ou à un organisme compétent. La capture, la détention et le transport peuvent être soumis à des restrictions. [1] Une photographie prise à distance, la localisation et les signes observés aideront votre interlocuteur à évaluer la situation.
Signalez les incertitudes d’identification. Évitez aussi de diffuser publiquement l’emplacement précis d’un site sensible pour attirer des visiteurs : la démarche doit aider l’animal et préserver sa tranquillité.
Un chantier risque de toucher un habitat
Une cavité à fermer ou une toiture à rénover peut abriter des espèces protégées. Examinez ce risque pendant la préparation des travaux. Selon le projet, un diagnostic par une personne compétente et un échange avec le service de l’État chargé de l’environnement permettront de préciser les contraintes.
Les dérogations répondent à des conditions précises et à une procédure administrative. Leur demande ne vaut pas autorisation automatique. La fiche de Service Public Entreprendre présente le cadre et les démarches. [6]
Conserver les lieux de vie
Préserver une haie ou un abri existant, et organiser les travaux en tenant compte des espèces présentes, permet d’intégrer la protection à la gestion quotidienne d’un terrain. Le choix se prépare à partir de ce qui est effectivement observé sur place. Pour une décision qui engage un chantier, vérifiez toujours les textes en vigueur et les particularités du site.
Pour poursuivre la lecture
Sources et références
- [1] Service Public, DILA. Quelles sont les espèces animales protégées. Vérifié le 28 avril 2026.
- [2] Légifrance. Code de l’environnement Articles L411-1 à L411-3. Version du 13 avril 2026, articles L411-1 et suivants.
- [3] Légifrance. Arrêté du 23 avril 2007 fixant la liste des mammifères terrestres protégés sur l’ensemble du territoire et les modalités de leur protection. Article 2, version applicable depuis le 1er avril 2026.
- [4] Légifrance. Arrêté du 29 octobre 2009 fixant la liste des oiseaux protégés sur l’ensemble du territoire et les modalités de leur protection. Texte initial publié au Journal officiel ; à compléter par la fiche Service Public actualisée [1].
- [5] UICN France. Plus de la moitié des espèces menacées de disparition en France ne bénéficient pas d’un statut de protection. 13 juin 2024.
- [6] Service Public Entreprendre, DILA. Dérogations espèces protégées animales ou végétales.
Retrouvez les ressources utilisées pour cette fiche et prolongez votre lecture.




